Le Peuple Incas

La civilisation inca est une civilisation précolombienne du groupe andin. Elle prend naissance au début du xiiie siècle dans le bassin de Cuzco situé dans l’actuel Pérou et se développe ensuite le long de l’océan Pacifique et de la cordillère des Andes, couvrant la partie occidentale de l’Amérique du Sud. À son apogée, elle s’étend de la Colombie jusqu’à l’Argentine et au Chili, en couvrant la plus grande partie des territoires actuels de l’Équateur, du Pérou et près de la moitié Ouest de la Bolivie.

Elle est à l’origine de l’Empire inca, l’un des grands royaumes de l’Amérique précolombienne. Cet empire avait pour chef suprême le « Sapa Inca ».

Le terme Sapa Inca désigne en quechua le kuraka (gouverneur) le plus élevé de l’Empire inca et a été traduit par « Unique Seigneur », « Seul souverain », « Inca principal » ou « Inca suprême » avec la connotation de « plus important de tous les êtres du monde », ou de « principe générateur et vital ».

La liste des empereurs incas s’appelle la capuccina (en quechua les plus puissants parmi les êtres humains).

Avant Viracocha Inca les empereurs incas sont semi-légendaires et les dates de leurs règnes sont incertaines.

I- Manco Cápac

II- ~1230 – ~1260 : Sinchi Roca

III- ~1260 – ~1290 : Lloque Yupanqui

IV- ~1290 – ~1320 : Mayta Cápac

V- ~1320 – ~1350 : Cápac Yupanqui

VI- ~1350 – ~1380 : Inca Roca

VII- ~1380 – ~1400 : Yáhuar Huácac

VIII- ~1400 – 1438 : Viracocha Inca

IX- 1438 – 1471 : Pachacuti Yupanqui ou Pachacútec

X- 1471 – 1493 : Túpac Yupanqui

XI- 1493 – 1527 : Huayna Cápac

XII- 1527 – 1532 : Huáscar

XIII- 1532 – 1533 : Atahualpa

Origine Géographique

À l’heure actuelle, l’origine géographique des premiers Incas reste discutée, l’hypothèse communément admise étant qu’ils provenaient des rives du lac Titicaca, à la frontière du Pérou et de la Bolivie. Le rapprochement est souvent évoqué avec la civilisation méconnue de Tiahuanaco (en Bolivie). Les Incas seraient donc un groupe d’hommes menés par Manco Capac ; après une migration vers le nord, celui-ci s’allie avec quelques communautés quechuas pour déloger les habitants de la vallée de Cuzco. Ce sont dès lors tous les descendants de ces premiers colons ainsi que leurs alliés qui sont considérés comme Incas.

Différents témoignages ont été recueillis quant à l’origine des Incas. Selon la légende de Manco Capac et Mama Ocllo, les Incas descendent de Manco Capac. Plusieurs versions de cette légende en font la création de Viracocha et de Inti, le dieu du soleil, le faisant naître près de Cuzco (légende de Pacaritambo) ou sortir du lac Titicaca avec sa sœur-épouse Mama Ocllo, envoyés par Viracocha, le dieu créateur, pour apporter la civilisation aux hommes après le grand déluge qui avait tout dévasté.

Selon cette dernière version, ils voyagèrent jusqu’à ce que le bâton magique en or de Manco s’enfonce totalement dans la terre pour leur désigner le lieu où s’établir : la terre de ce lieu serait suffisamment riche pour les accueillir. C’est là qu’ils fondèrent la première ville inca qui deviendra Cuzco, c’est-à-dire le « nombril » en quechua. Manco Capac enseigna alors aux hommes l’agriculture et l’artisanat, et Mama Ocllo enseigna aux femmes l’art du tissage. 

Le développement de l’agriculture entraîne des changements sociaux importants : la population explose, des villes apparaissent et une élite religieuse se crée. Le premier millénaire avant notre ère voit ainsi s’épanouir la civilisation Chavín, unissant dans un style artistique commun de nombreuses cultures locales, probablement grâce à un culte unique dont un élément caractéristique est l’image du jaguar .

À leur arrivée dans la région de Cuzco, les Incas ne sont qu’une tribu parmi d’autres dans une confédération locale, occupant dans un premier temps un rang subordonné. Leur position de chefs militaires dans la confédération leur permet de gagner progressivement de l’influence lors des règnes successifs de Sinchi Roca, Lloque Yupanqui, Mayta Capac et Capac Yupanqui. Finalement, à la mort de Capac Yupanqui, Inca Roca s’empare du contrôle de la confédération.

Yahuar Huacac puis Viracocha Inca étendent la domination inca. Néanmoins, le territoire inca ne dépasse pas un rayon de 40 km autour de Cuzco. En 1438, lors d’une guerre avec la tribu voisine des Chancas, Viracocha abandonne la capitale, mais son fils Pachacutec la défend avec succès et défait les Chancas. C’est le début de l’expansion extrêmement rapide de l’empire.

Le fils de Pachacutec, Tupac Yupanqui et son fils après lui, Huayna Capac, repoussent les frontières de l’empire du Chili au Sud de la Colombie. L’empire est à son apogée.

En 1532, 180 conquistadors espagnols débarquent et commencent la conquête de l’empire inca. Bien que peu nombreux face aux armées incas de plusieurs dizaines de milliers de soldats, cette conquête est très rapide. Les historiens expliquent cela par une combinaison de plusieurs raisons : la guerre de succession consécutive à la mort de Huayna Capac en 1527, la rapide capture du nouvel empereur Atahualpa, la supériorité militaire des Espagnols, tant par leur armement (chevaux, armures en métal et armes à feu) que par leur stratégie, leur habileté diplomatique à soulever contre l’empire des tribus locales ainsi que l’assimilation par les Incas des Espagnols à des dieux annoncés par des prophéties.

L’Empire inca fut conquis par les conquistadors espagnols sous les ordres de Francisco Pizarro à partir de 1532.

Les Habitations Et Bâtiments

machu picchu

En signe d’allégeance ou de véritable vénération, les peuples soumis par les Incas bâtissent dans leurs provinces de nombreux lieux de culte au soleil. Certains sont encore visibles de nos jours et témoignent de l’extension géographique du culte. Au Pérou se trouvent ainsi le temple de Coricancha à Cuzco, le temple Vilcashuaman et celui de Huascarán. En Bolivie, un temple du Soleil avait aussi été érigé sur l’Isla del Sol du lac Titicaca. À Caranqui, Équateur, se trouve un temple qui autrefois contenait des jarres pleines d’or et d’argent.Photographe: Yves PIQC

Dans la plupart des cas, les Incas conservent les structures d’habitation des territoires conquis.

Dans les terres hautes, ils construisent des capitales provinciales, mais la plupart des habitants habitent des villages de quelques centaines d’habitants. Chaque foyer possède une cour bordée d’un muret en pierre dans laquelle se trouve un ou plusieurs bâtiments circulaires de 3 à 6 m de diamètre. Parmi ces bâtiments, il peut y avoir une cuisine, des chambres, des entrepôts… Les murs sont de pierre non taillée ou d’argile, et les toits de chaume.

Sur la côte, les maisons populaires sont en roseau et celles de l’aristocratie en pisé (terre).

Le bois étant rare, tant dans la montagne que sur la côte, les Incas n’ont pas de mobilier. La vaisselle est posée à même le sol et on mange par terre.

Wikipedia.com

Le « style inca » d’encastrement de gros blocs de pierre est la plupart du temps réservé aux temples et palais. Ici l’on voit Hatun rumiyoc (« la plus grande pierre » en quechua, la fameuse « pierre aux douze angles » dans la rue du même nom au Cuzco. Elle fait partie du mur de l’Archevêché qui est en fait l’ancien palais du VIe empereur Inca Roca.

La Religion et La spiritualité Des Incas

La colonisation espagnole et l’évangélisation catholique ont rapidement fait décliner les religions des Incas. Si certaines formes subsistent aujourd’hui notamment sous forme d’animisme, la plupart des informations que l’on possède à ce propos sont issues de témoignages indirects, plus ou moins biaisés. On possède par ailleurs très peu d’informations sur le système religieux en dehors des Andes, les populations ayant rapidement décliné avant même l’évangélisation.

En plus de la volonté d’imposer une religion d’État, l’héritage des civilisations précédentes et une longue histoire d’échanges et d’influence permettent aux populations andines une certaine unité religieuse. Certaines divinités sont ainsi communes à différents peuples, mais portent des noms différents. Les empereurs et descendants de manco capac sont considérés comme des demi dieu (fils du soleil ou fils de Inti).

« La Doncella » [la Demoiselle], jeune fille d’une quinzaine d’années, est l’une des trois momies incaïques trouvées en mars 1999 au sommet du très haut volcan Llullaillaco (6 739 m), au nord-ouest de l’Argentine, Province de Salta. Connus sous le nom des Enfants du Llullaillaco, ils furent sacrifiés dans le cadre du rite, rare mais cyclique, de la Capacocha. Ils sont conservés au Musée archéologique de haute montagne de Salta.

Les sacrifices humains étaient relativement rares (à la différence des civilisations mésoaméricaines comme chez les mayas et les aztèques), et ne se faisaient que lors de périodes de grands changements ou de grands troubles, comme lors de l’avènement d’un nouvel Inca, ou lorsque l’Inca était malade, par exemple, et encore s’il mourait, ou encore lors de catastrophes naturelles (tremblement de terre, éruption volcanique…), risques de calamités (famine, épidémie, guerre) ou éclipses de lune, de soleil. L’objectif était alors d’apaiser le ou les dieux irrités, dans une démarche rituelle d’expiation, ou dans une logique substitutive (une jeune victime est offerte pour régénérer les forces du Sapa Inca malade). Ou bien il s’agissait « d’accroître le pouvoir surnaturel de divinités essentiellement propices et bienfaitrices de l’humanité », ou encore « d’assurer des récoltes abondantes ».

Publié par

gretaarchitecture

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